La Tortue rouge de Michael Dudok de Wit (Un certain regard).

Présenté à Un certain regard, La Tortue rouge est un drôle de projet, initié par des Français, réalisé par un cinéaste néerlandais et produit par le célèbre studio japonais Ghibli, dont c’est la première œuvre depuis la retraite d’Hayao Miyazaki. L’événement était d’ailleurs la présence, lors de la première cannoise, du film de Toshio Suzuki, figure clef de la boîte japonaise avec le réalisateur de Princesse Momonoké et Isao Takahata.

la Tortue rouge
© Nicolas Lemerle

 

Suzuki
© Nicolas Lemerle

C’est d’ailleurs ce dernier qui s’est le plus impliqué dans ce projet hybride, puisque le cinéaste, présent il y a deux ans à La Quinzaine des réalisateurs, y est crédité comme directeur artistique. On comprend d’ailleurs d’emblée ce qui l’a touché dans ce récit d’un naufragé qui doit d’abord apprendre à survivre sur une île déserte, avant de faire la rencontre d’une tortue, rouge, vous l’aurez compris. Peu à peu, le récit glisse vers le merveilleux. On retrouve le rapport à la nature cher au réalisateur animiste de Pompoko et l’aspect conte fabuleux du récit n’est pas non plus étranger à ses obsessions.

Mais en dehors du plaisir de revoir sur grand écran le logo de Ghibli et son fameux Totoro, et si une certaine sensibilité s’y reflète en plus d’une qualité technique indéniable, la réussite du film ne peut pas être complètement le fait du studio japonais. L’écriture, très épurée – le film ne comporte aucun dialogue sans que cela ne gêne son déroulement dramatique, bien au contraire – de la réalisatrice française Pascal Ferran (Bird People) et la mise en scène, souvent très belle de Michael Dudok de Wit magnifient la ligne claire du métrage. Certaines séquences, dont celle d’un tsunami, impressionnent par leur virtuosité, d’autres nous bercent d’une douce poésie. Alors, même s’il n’est finalement pas évident que le film a un lien très fort avec le Japon, on ne peut que vous conseiller d’aller le voir en salles lors de sa sortie le 21 juin.