Vous vous souvenez peut-être des kiosques à cochonneries bon marché mais convoitées. Ringards, mal vus par le diététiquement correct, pas assez « compétitifs » économiquement, leur équivalent japonais se nomme dagashiya, et il est de retour !

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Les dagashiya sont des micro-boutiques de gourmandises enfantins à 10 yens, mais surtout, des années 1920 aux années 1980 (ce que l’on appelle l’ère Shôwa), un pôle important de la vie des écoliers : à la sortie des cours, on va fièrement dépenser son argent de poche à la dagashiya. C’est souvent le tout premier achat qu’on fait, alors le choix est crucial : plutôt un snack-lotterie qui nous permettra peut-être d’en gagner un autre (type mistral gagnant) ? une balle ? des cartes menko ? Les copains sont là pour nous conseiller sous l’œil de la tenancière (car c’est souvent une femme, dans l’imaginaire collectif, une petite mamie) qui supervise les très sérieuses tractations comme une sorte de nounou du quartier. Les enfants peuvent jouer tout autour de la dagashiya, elle veille au grain.

athYO1qÉvidemment, les dagashi sont bien plus vieilles que l’ère Shôwa. Ce sont les friandises du peuple, par opposition aux jôgashi, plus chères, au sucre blanc. Il y a même, à Tokyo, une dagashiya ouverte en 1781. Mais les dagashi emblématiques sont celles des années 1950, époque des privations d’après-guerre. Puis, avec le miracle économique, l’argent de poche a connu une forte croissance, et les enfants ont préféré aller le dépenser dans des jouets et des confiseries plus chères, ou dans des konbini, en grande partie responsables du déclin des dagashiya. Elles ont cependant survécu et, avec la mode rétro, connaissent un regain d’intérêt, parfois un peu artificiel quand l’esthétique « à l’ancienne » sert surtout à attirer les quadragénaires nostalgiques.

Elles apparaissent aussi dans des manga comme Dagashi kashi, où le héros doit, contre son gré, reprendre la dagashiya familiale, en arrière plan dans Non Non Biyori, à destination des plus jeunes, qui évoque la vie de collégiennes dans la campagne profonde, ou encore dans Yûrakuchô Obake Dagashiya (la dagashiya des monstres du quartier de Yûrakuchô) où un étudiant nouvellement arrivé à Tokyo se retrouve hébergé dans ce qui est un portail entre notre monde et une dimension fantastique peuplée de créatures folkloriques.

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Si vous désirez en savoir plus
* le nouveau JLS de printemps leur consacre une double page, illustrée par Yasuyo Kaijta
* un article très complet, en français : http://www.nippon.com/fr/views/b02101/
* pour découvrir (et commander !) les différents types de
dagashi (en anglais) : https://tokyotreat.com/treats/dagashi/