La retraite : qu’en est-il pour les Japonais ?

L’âge du départ à la retraite est fixé en France à 64 ans. Mais au Japon, le système est légèrement différent. Focus sur son fonctionnement.

Dès la sortie du lycée ou de l’université, les Japonais sont très investis dans la vie active. Le travail, et plus précisément la dévotion envers l’entreprise, est toujours une valeur très forte. Ce point est principalement du au fait que travailler signifie être actif à la société nippone dans sa globalité. D’ailleurs, travailler plus de 50 heures par semaine est le lot quotidien de millions de Japonais.

Mais à l’heure de la retraite, que se passe-t-il ? Existe-t-il un système de cotisation ? À quel âge est-il légal de prendre sa retraite dans le pays ? Et comment est perçu cet arrêt de la vie active par les plus âgés ?

Continuer de travailler après 65 ans au Japon
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Une vie active jusqu’à 65, 70 voire 80 ans sur l’archipel

La loi Japonaise permet à un travailleur de prendre sa retraite à partir de 65 ans. Cependant, la réalité est toute autre. Tout d’abord, le Gouvernement nippon envisage de repousser l’âge du départ en retraite à 70 ans. Ce choix s’explique par le fait que la population vieillit mais surtout car elle souhaite continuer de travailler.

Pendant de longues années, la société Japonaise a imposé la réussite professionnelle comme idéal de vie. Servir la société et son entreprise, quitte à mettre de côté sa vie privée, était la norme. Néanmoins, la crise des années 90 a eu un réel impact sur le monde du travail.

Si les jeunes Japonais souhaitent désormais accorder plus d’importance à leur bien-être et leur vie privée, la population vieillissante reste attachée à ces valeurs. De fait, même si le départ à la retraite est possible voire encouragée dans certaines entreprises, les seniors continuent de travailler. Près de 50% des personnes âgées de 65 à 70 ans travaillent encore au Japon.

Et parfois, cela peut même contribuer à améliorer leur pension de retraite. Car le coût de la vie a augmenté sans que les pensions de retraite n’augmentent suffisamment.

Des seniors japonaises
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Les Japonais en retraite perçoivent-ils des pensions ?

Tout comme pour le système de retraite Français, les Japonais cotisent tout au long de leur vie professionnelle. Cependant à l’âge de la retraite, ils ne perçoivent pas une mais plusieurs pensions. Leur montant et leurs conditions d’obtention dépendent néanmoins de plusieurs critères.

La pension publique nationale

À partir de 20 ans, toute personne possédant une adresse au Japon doit verser des contributions pour le Kokumin Nenkin. Derrière ce nom se cache en réalité le régime de base faisant office de pension actif dans le pays depuis 1959. Chaque résident doit verser une somme  (16 590 yens par mois, soit 105,94€) qui peut être allouée par la commune de résidence en cas de vieillesse, invalidité ou décès.

Attention cependant car les natifs Japonais ne sont pas les seuls concernés par cette mesure. Toute personne possédant une adresse au Japon, même s’il est étranger, contribue à l’effort commun. Cela signifie cependant qu’il peut en bénéficier s’il vieillit au Japon.

Le système de retraite au Japon
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Elle est ensuite reversée à tout résident de plus de 65 ans, sans prendre en compte son métier passé. Son montant est de 777 800 yens/an (soit 4964€) pour une personne ayant cotisé 40 ans. De par son fonctionnement et son montant, elle peut être considérée comme l’équivalent du Minimum vieillesse en France.

Une pension complémentaire calculée sur le montant des salaires perçues pendant la vie active

En plus de cette pension de base, il existe une pension complémentaire, cette fois-ci basée sur la rémunération de l’ex-salarié. Elle est l’équivalent du régime de retraite Français. Pour déterminer son montant, l’État se base sur le salaire moyen perçu mais également sur les cotisations des employés.

Leur montant est proportionnel au salaire de chaque employé. De plus, le prélèvement est effectué directement sur le salaire. Cependant, ce système ne vaut pas pour les personnes ayant eu des emplois précaires (CDD, temps partiel) ou non-réguliers.

Une femme Japonaise âgée travaillant à mi-temps
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Koki Koreisha Iryo Seido, le régime d’assurance maladie pour les plus de 75 ans

Dès 75 ans (ou 65 ans en cas d’invalidité ou d’accident), les Japonais retraités bénéficient obligatoirement d’un régime d’assurance maladie spécifique. Cela leur permet de profiter de soins et de remboursement des frais d’obsèques. Toutefois, les assurés doivent continuer de payer en moyenne 10% ou 30% du montant des soins. Le reste est pris en charge par cette assurance.

Prendre sa retraite au Japon : une situation redoutée ?

Pour les natifs du pays

Pour la majorité des retraités, la pension ne suffit malheureusement pas à couvrir le cout de la vie. Néanmoins, les travailleurs les plus aisés peuvent profiter de la retraite sans craintes. Cependant, le Gouvernement semble mettre de côté les seniors. De plus, les places en maison de retraite sont très rares et très chères.

Trouver une place en maison de retraite est difficile au Japon
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Même si la retraite est encouragée, continuer de travailler est pour de nombreux Nippons une question de survie. Quitte à mener au Karoshi, la mort par surmenage. De fait, certains ont recommandé aux jeunes actifs de parvenir à mettre de côté 170 000 euros d’ici leur départ en retraite (soit 20 millions de yens).

Si vous êtes Français et que vous souhaitez vous installer au Japon

Il est possible pour des Français de vivre au Japon à l’âge de la retraite. Pour cela, il faut avoir travaillé au Japon ou être en couple avec une personne de nationalité Japonaise. Il faut ensuite effectuer des démarches administratives en vue d’obtenir un visa de résidence permanente. Il peut être obtenu après 10 ans passés dans le pays ou 3 ans dans le cadre d’un mariage.

Cependant, pour profiter de la pension de retraite nippone, il faut avoir cotisé un minimum de 25 ans.

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