dots obsession

Le centre d’art Albigeois Le LAIT accueille depuis le début de l’été, et jusqu’à la fin du mois d’octobre, l’oeuvre Dots obsession – Infinited mirrored room de l’extravagante artiste japonaise Yayoi Kusama.

Réalisée en 1998, cette oeuvre immersive à la fois ludique et hypnotique plonge le spectateur dans un monde clos, composé de motifs à pois et de formes organiques gonflées qui envahissent l’espace, et se reflètent dans les multiples miroirs qui entourent la pièce créant une illusion kaléidoscopique. Cet espace infini bicolore, qui tour à tour fascine, trouble et perturbe notre perception, invite le spectateur à l’introspection et à la réflexion au travers de son jeu de miroirs.

Il faut savoir que dans la tradition japonaise, le miroir est lié à la légende d’Amaterasu, déesse du Soleil, et est de ce fait considéré comme le symbole de la lumière et de la sagesse, permettant non seulement de réfléchir le visage de celui qui se mire dedans, mais également et surtout de dévoiler son âme.

yayoi-kusama

 

Née en 1929 dans la ville de Matsumoto, c’est vers l’âge de 10 ans qu’elle commence à dessiner et à peindre, afin d’échapper à une enfance de négligence, et cherchant à exprimer ses expériences hallucinatoires. C’est d’ailleurs une étrange hallucination où les motifs à fleurs rouges de la nappe de la table familiale, envahissant l’espace, se seraient mis à recouvrir les murs de la pièce, qui sera le point de départ de sa carrière artistique.

Elle décide de partir vivre à New-York en 1957, après avoir reçu une lettre de soutien de l’artiste américaine Georgia O’Keefe. Durant une décennie elle travaillera de façon obsessionnelle sur sa série Infinty Nets. Si les premières années américaines sont dures et que les moyens viennent à manquer, son incontestable talent et son goût de la provocation finiront par lui permettre de sortir de l’ombre. Participant de façon indirecte aux mouvements psychédélique et pop art, l’artiste lance en 1960 son Manifeste de l’Oblitération en déclarant : “Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d’autres pois…”

Fermement installée sur la scène avant-gardiste new-yorkaise, créant auprès d’autres artistes tels Andy Warhol et Claes Oldenburg, son art évolue peu à peu vers le happening à partir de 1966, avec des oeuvres comme Narcissus Garden, présenté lors de la biennalle de Venise cette même année.

Mentalement fatiguée, elle décide de rentrer au Japon en 1973, puis en 1977 sur les conseils de son psychiatre elle sera définitivement admise à l’hôpital Seiwa de Tokyo, où elle réside toujours à 86 ans. Afin de pouvoir suivre un traitement adapté tout en lui permettant de continuer à peindre, elle possède son propre atelier au sein même de l’hôpital psychiatrique. Lors d’une interview elle ira même jusqu’à déclarer que vivre dans cet institut lui permet d’alimenter sa créativité, plus que de l’apaiser. C’est de ses souffrances et malaises que naissent ses mondes oniriques.

Artiste aux multiples talents, elle est également auteur de romans, poèmes, biographies… dont quelques uns sont parus en traductions française tels que Mahattan suicide addict ou Mirrored Years.

– Ophélie Camélia

 

Informations :
Dots Obsession de Yayoi Kusama
Du 11 juillet au 25 octobre 2015
Lieu: Moulins Albigeois – Centre d’art Le Lait
41, rue Porta – 81000 Albi
Ouvert du Mercredi au Dimanche de 14 à 19h
Tél: 05.63.73.33.50
Pour en savoir plus: http://www.centredartlelait.com/
http://www.yayoi-kusama.jp/