23 janvier – Préfecture de Hyōgo

La deuxième journée commence sous le ciel bleu. Au château d’Himeji, l’atmosphère est même printanière. Les Japonais, nombreux, sont venus en famille. Avec eux, nous grimpons progressivement les sept étages pour rejoindre le donjon. Les escaliers en bois sont de plus en plus raides. Nos chaussures à la main, munis de savates, nous gravissons chaque marche avec précaution. Après plusieurs années de travaux, le « Héron blanc » a rouvert ses portes en 2015. Jamais attaquée, la forteresse n’a pas eu, au final, à faire la preuve de son efficacité. En revanche, elle a, par le passé, servi de décor au film de James Bond, On ne vit que deux fois.

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Nous poursuivons par la visite du kokoen, le petit parc jouxtant le château, et continuons d’admirer rochers, carpes, et arbustes taillés depuis le restaurant. Repas de soba. Les pâtes froides sont accompagnées de petits plats, tous plus seyants les uns que les autres.

Dernier regard vers le colossal Himeji avant de reprendre la route. Il fait nettement moins beau. Et le temps s’est rafraîchi.

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Préfecture de Tottori

Le jetlag est loin d’être résorbé. J’ouvre un œil, la montagne est blanche. Ravie, je referme les yeux. Il sera bien temps, tout à l’heure, de sortir de mon sommeil et du bus pour affronter l’hiver.

Cette fois-ci, plus moyen de reculer. Il faut descendre, et bien s’emmitoufler. Nous parcourons sous la neige des ruelles d’un autre temps. Village aujourd’hui endormi, Chizu fut une halte appréciée des commerçants. Ils se rendaient aussi chez le riche marchand de bois Ishitani. Sa maison classée, de 2 000 mètres carrés, témoigne de l’art de vivre à l’ère Meiji.LOGOP1160212

Dernière visite de la journée : le musée des poupées (« O’Hinasama »), l’une des plus belles collections du Japon. À l’origine, de petites figurines en papier, fixées sur un disque de joncs, étaient déposées sur la rivière. Par ce geste, les parents et leurs fillettes suppliaient le courant d’emporter leurs soucis, leurs maux, leurs malheurs. La tradition se perpétue une fois par an, en contrebas du musée, et attire des milliers de participants. Néanmoins, depuis longtemps, les Japonais ont pris l’habitude d’exposer chaque année dans leur maison des poupées, souvent ancestrales, afin de célébrer la fête des filles, le 4 mars

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Nous remontons dans l’autocar. Destination : Tottori. Demain matin, nous nous réveillerons peut-être avec quelques années de moins, pour revivre nos quatorze ans, comme dans la bande dessinée Quartier lointain. Jirō Taniguchi et son héros sont tous les deux originaires de Tottori.

Pour l’heure, la métamorphose est ailleurs. Le vent mugit. À la télévision défilent les bulletins météo et les images de villes japonaises recouvertes par un épais manteau de neige.

 

Sophie Gallé Soas
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